Noël… tout au long des mois, on en parle déjà aux enfants…

Noël pour bébé !
Noël pour bébé !

Aux quotidiens appels de nos enfants, ces fameux « est ce que je pourrais l’avoir ? » invariablement on s’entend répondre  » à noël peut être , tu l’écriras sur ta liste « .

Noël si loin de nous toute l’année , et pourtant déjà là, presque demain , et avec, toutes ces attentes, tous ces espoirs qui vont venir se concentrer sur cette petite date , se cristalliser sur une petite soirée que l’on passera ensemble.

Noël se passe [bien souvent] en famille. Oncles, tantes, cousins, frères , soeurs … on souhaiterait parfois casser cette routine, échapper aux rendez vous obligatoires, aux contraintes, mais la menace d’une éventuelle solitude nous rattrape au tournant de nos rebellions passagères. Non, pas ce soir là.

la famille. source de tant de joies et de tant de souffrances. souffrance parfois par son absence. souffrance par ses absents. souffrance par sa division. familles éclatées qu’e l’on recompose à grand peine et à grand renfort d’efforts juste le temps d’un soir, d’un déjeuner … souffrance par ses tensions, contentions et âmes tendues les unes vers les autres. en attente, en suspend. un souffle ferait craqueler le lisse loup sur des visages parfois trop souriants.

enfant, on dresse de longues et fictives listes de jouets, pertinemment inconscient. on rêve et on espère. alors on rajoute. et on rajoute encore. catalogues découpés avec soin , et choix recollés sur papier comme on reconstitue le puzzle de nos désirs les plus fous. On a le droit pour ce soir là d’avoir la prétention de demander les objets les plus chers , les plus hors de portée, puisque c’est lui, malgré le doute qui plane, le père noël  qui les apportera, on peut donc tout est exiger, tout. c’est légitime. privilège de la magie.

et si finalement,

Nous n’avions pas changé ?

nous ne faisons plus les même listes, nous ne croyons définitivement plus en ce vieil homme barbu. Oui, peut être. mais on se prend à rêver que ce soir là se passera comme on l’imagine. comme on l’espère. un petit soir à part , un petit soir miraculeux. un petit soir où tout est permis. où tout est possible. même les plus jolis gestes, les plus jolies trêves. comme  on arrête le temps pour prendre le temps. le temps d’être ensemble et regarder nos enfants vivre le rêve.

alors on cuisinera des mets que l’on voudra les plus fins, les plus délicieux, on parsèmera de paillettes et d’étoiles la table, on sortira les flûtes, et les beaux couverts,on se fera les plus beaux, les plus belles, on sortira dans le froid , on se précipitera dans les voitures espérant comme toujours que les 5 minutes qui nous séparent de là bas suffiront à la réchauffer. on rira , un peu trop serrer, on se dira que l’année prochaine encore une fois , on arrivera plus tôt, et puis finalement on trouvera une place pas si mal, où on verra plutôt bien … on chantera des credos ,des kiries et des alleluias, et puis on regardera, silencieux, dansant un peu d’un pied gelé sur l’autre, passer dans les mains du plus petit des enfants de choeur, Celui qui s’est fait le plus petit des petits.

et comme on entonnera tous ensemble l’immuable cantique qui nous renverra dans la nuit noire, qui nous fera nous dire combien il est bon parfois que rien ne varie, combien ce que l’on connait un peu trop est ce que l’on ressent le mieux.combien nous nous tenons chauds, si serrés , épaules à épaules,  faisant fi de nos imperfections et nos insuffisances. époussetant nos douleurs pour ne chanter que de joie.

Ce soir là, ce peut être si on le souhaite ardemment , si on y aspire avec ferveur, le soir du Miracle pour certain,  mais pourquoi pas pour tous, un petit bout de miracle à vivre chez soi …